Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu un simple mythe
Chapitre
10 : Coupes et fin d année.
Le repas battait son plein dans la
Grande Salle lorsque, à l’heure du déjeuner, les portes s’ouvrirent tout d’un
coup. Le silence retomba aussitôt dans la salle, puis des cris enthousiastes
retentirent parmi les Gryffondor, saluant l’arrivée des deux “héros” du match
mémorable de la veille. Bien évidemment, les Maraudeurs étaient pour beaucoup
dans le tapage qui régnait à leur table.
«-
Et bien… ! commenta Harry en souriant. On dirait qu’on a manqué aux
autres… ! plaisanta-t-il.
- Ouais… ! Mais c’était à prévoir, vu le
spectacle qu’on leur a donné… ! » commenta James amusé, alors qu’ils se dirigeaient vers
leur table.
L’infirmière
avait daigné laisser sortir les deux garçons, quelques minutes plus tôt, en
faisant promettre à Harry de se ménager pour les jours à venir, et tous deux,
vu l’heure, avait décidé de rejoindre les autres à la Grande Salle. Tous deux
rejoignirent les trois autres Maraudeurs, sous les acclamations des autres
joueurs et les autres élèves de leur maison. Sirius les accueillit d’une grande
tape amicale dans le dos,
ce qui fit grimacer Harry qui était encore quelque peu courbaturé, après ses
efforts de la veille pour sauver la mise à James…
«-
Et voilà nos célébrités… ! lança fièrement Sirius.
- Eh, Sirius, t’es pas obligé de les
accaparer… ! protesta Remus, en souriant. Content de vous revoir parmi
nous, tous les deux… ! ajouta-t-il, à l’adresse des deux “revenants”.
- Pareil pour moi… ! répliqua James, en
s’écartant de Sirius. Au fait, hier, vous ne nous avez pas dit de combien on a
gagné le match… ! Parce que, avec tout ça, je n’y ai pas vraiment prêté
attention… ! »
Sirius,
Remus et Peter échangèrent un regard amusé, alors que les deux autres
s’installaient à côté d’eux.
«-
Grâce à vous deux, on a battu le record de Poudlard… ! répliqua, gaiement,
Sirius. On a gagné par deux cent quatre-vingt à trente… !
- Deux cent quatre-vingt ? répétèrent en
chœur James et Harry.
- Oui… ! Ca a été une sacrée raclée pour les
Serpentard… ! Malefoy était vert… ! ajouta Remus.
- Ce qui ne le change pas trop de
d’habitude… ! observa “philosophiquement” Peter.
- En tout cas, vous êtes vraiment des as, tous
les deux… ! reprit Sirius, visiblement ravi. Jamsie pour les dix buts que
tu as mis (sur treize)…, et Harry pour avoir non seulement attrapé le Vif mais
en sauvant dans la foulée notre cher Capitaine… ! Et… ! Oh, oh, voilà
la demoiselle de glace qui se ramène… ! s’exclama-t-il soudain.
- Ah mon avis, elle vient prendre des
nouvelles de notre nouvelle recrue… ! supposa Remus.
- Ca n’en fait aucun doute… ! »
approuva Peter en souriant légèrement, mais il replongea dans son assiette face
au regard inexprimable que lui adressa Harry, comme à chaque fois qu’il disait
quelque chose.
Bien
que cette étrange attitude de leur camarade australien n’avait nullement
échappé aux Maraudeurs (qui n’avaient pas mis longtemps à réaliser que si Harry
était toujours aimable avec tout le monde il se montrait froid, voir presque glacial par moments, avec Peter), ils n’eurent guère
le temps de dire quoi que ce soit, car la Préfète de Gryffondor, annoncée par
Sirius, arriva à leur hauteur. Elle s’adressa aussitôt à Harry, faisant comme
si les Maraudeurs n’existaient pas… !
«-
Salut Harry… ! lança-t-elle en souriant. Je suis passée à l’infirmerie,
tout à l’heure, mais Madame Pomfresh m’a dit que tu étais déjà sorti… !
Alors, comment tu vas… ?
- Très bien… ! assura l’adolescent, en
souriant à son tour. Je me porte comme un charme… !
- Je suis contente de le savoir… !
répondit-elle sincèrement. En tout cas, je ne suis pas prête d’oublier de sitôt
ce qui s’est passé hier… !
- Mais tu es finalement venue voir le match,
alors ? commenta Harry en souriant.
- Oui… ! concéda-t-elle. Pour obtenir la
confirmation que le Quidditch est décidément un sport bien trop
dangereux… ! Rien qu’à voir ce qui est arrivé à… ! commença-t-elle,
avant de se rappeler de quelque chose et se tourner vers James. Au fait,
Potter, comment va ta main ? demanda-t-elle, froidement.
- A quoi ça t’avances de le savoir, Evans ? riposta
James. Mêle-toi de ce qui te regarde… ! »
Les
deux Préfets se foudroyèrent du regard.
«-
Tu es franchement immature,
Potter… ! lâcha-t-elle, méprisante. En tout cas, Harry, je suis vraiment contente que tu n’ait
rien…, d’autant plus en sachant que tu as risqué ta vie pour sauver celle d’un
crétin comme ça… ! ajouta-t-elle, en insistant sur le “ça” tout en
désignant James.
- Eh, Evans, fais gaffe à ce que
tu… ! » riposta sèchement l’intéressé.
Lily,
l’ignorant délibérément, repartit, adressant un rapide signe de la main à
Harry. Un silence tendu s’installa parmi les Maraudeurs et leur nouvel ami.
«-
Je n’ai plus faim… ! marmonna James, en se levant brutalement.
- Où tu vas ? s’enquit Sirius, en se
levant à son tour.
- Je vais faire un tour… !
Seul… ! » rétorqua James, avant de quitter la pièce, sous le regard des
autres Maraudeurs.
Sirius
secoua la tête d’un air exaspéré et se rassit lentement.
«-
Franchement… ! soupira-t-il, en reprenant distraitement sa fourchette.
- Franchement quoi ? » voulu savoir
Harry.
Sirius leva les yeux et sourit.
«-
C’est vrai que tu n’es pas au courant, toi… ! observa-t-il, avant
d’échanger un regard entendu à Remus. Même si ça se voit comme le nez au milieu
de la figure… !
- James a le béguin pour Evans, et ce depuis
la première qu’il l’a vu…, sur le chemin de Traverse, il y a six ans… ! Ca a été le coup
de foudre immédiat, mais il préfèrerait se faire tuer plutôt que de
l’admettre… ! expliqua Remus. Et puis, comme dit le proverbe…
- Qui aime bien châtie bien… ! conclut
Harry, en repensant au cas de Ron et Hermione (qui s’étaient tourné autour jusqu’au début de leur
sixième année, se chamaillant pour un rien et feignant une totale indifférence
pour l’autre, pour finalement s’avouer leur amour et ça faisait six mois que
ses deux meilleurs amis sortaient ensemble quand il s’était accidentellement
retrouvé projeté dans le passé).
- En effet… ! acquiesça Sirius.
- C’est qu’ils doivent vraiment bien s’aimer
dans ce cas-là… ! observa Harry, sur un ton amusé.
- Ouais… ! Avec Elsa et Amy, on a ouvert
des paris… ! avoua Remus. Et Amy pense qu’on devrait les caser d’ici
l’année prochaine… !
- Le truc c’est de savoir comment s’y
prendre… ! intervint Peter.
- Ouais… ! Ca fait six ans qu’on s’attèle à la tâche, mais en
vain… ! Et c’est pas faute d’avoir essayé… !
- Mais peut-être que vous devriez tout
simplement laisser les choses se faire d’elles-mêmes… ! commenta Harry.
- Hum… ! répondit Sirius, l’air peu
convaincu. Mais je crois pas que ça marcherait… ! Elsa a déjà suggéré ça, mais même Amy
pense que ça serait voué
à l’échec… !
- Et, Amy étant la meilleure amie de Lily, et
Sirius étant le meilleur ami de James, si même eux pensent que ça ne réussirait pas… ! » commenta Remus.
* * * * *
James,
l’air sombre, sortit du château et gagna le lac, où il se laissa choir dans
l’herbe de la berge, étendu sur le dos, les bras derrières la tête. Il n’y
avait pas à dire…, Evans avait vraiment la manie de l’énerver… Il soupira puis
laissa ses pensées vagabonder, au gré de ses réflexions, fixant le ciel sans
nuage d’un air absent…, jusqu’à ce qu’un hibou passe soudain au dessus de lui,
le ramenant à la réalité. A son plus grand étonnement, le rapace gris qui
venait d’arriver, piqua vers lui, hululant joyeusement, pour venir se poser
dans l’herbe et tendre une patte à laquelle était fixé un message.
Sitôt
déchargé de sa missive, l’oiseau repartit, laissant l’adolescent seul.
Celui-ci, se redressant, reconnu au premier coup d’œil l’écriture de sa mère
sur le devant de l’enveloppe, qui portait au dos le sceau du Ministère de la
Magie… Visiblement, elle lui avait écrit de là-bas, et en hibou express… car,
en temps normal, il fallait bien compter quatre ou cinq jours pour qu’un hibou
normal fasse le voyage, aller-retour, entre Poudlard et Londres.
James
descella la lettre et en sortit une feuille de parchemin, écrite à l’encre
violette, de la main de sa mère…
“Jimmy, (il ne
put s’empêcher de grimacer à ce surnom affecteux que sa mère s’obstinait à lui
donner)
J’ai appris par un hibou express
du professeur McGonagall se qui s’était passé lors du match de
Quidditch… ! Et je suis plus que soulagée de savoir que tu t’en sois sorti
indemne… ! Mais j’aurai préféré l’apprendre par toi, plutôt que par la responsable
de ta maison… !
Quoi qu’il en soit, j’en ai parlé à
ton père et il m’a assuré qu’aucun rassemblement de Mangemort ne s’était passé
depuis près de trois mois et qu’aucune manifestation de Magie noire n’a été
interceptée… ! Voldemort et ses partisans semblent se tenir tranquille
depuis un moment… ! Et ton père pense tout simplement qu’il s’agissait
d’un dysfonctionnement de ton balai… ! Cependant, je me range à l’avis de
Minerva que ce qui s’est passé n’est pas du à une erreur de fabrication, mais
plutôt à un mauvais sort… ! Et je suis contente de savoir qu’ils se
livrent à quelques expériences sur son balai avant de te le laisser le
réutiliser… ! On ne sait jamais !
(James grimaça à nouveau…, tout en songeant qu’il avait bien de la chance que
sa mère ne soit pas comme celle d’Anthony…)
Je ne devrais peut-être
pas te dire ça mais, je commence sérieusement à penser qu’un espion au service
de Voldemort se cache à Poudlard, les sortilèges qui entourent l’école
permettraient ainsi de camoufler le recours éventuel de Magie Noire, vis-à-vis
des détecteurs du Ministère… ! Je te demanderai donc la plus grande
prudence, de faire bien attention à toi et surtout, surtout, de toujours rester
sur tes gardes et ne jamais faire de folies… !
Préviens-moi au moindre incident
suspect… ! Sinon, bonne chance pour tes examens de fin d’année et je te
vois à la fin du mois… !
Maman.
PS : Au
fait, félicitation pour le bon résultat de ton équipe et pour cette
victoire… !”
James leva les yeux au ciel…,
c’était bien du genre à sa mère, ça… ! Il relit à nouveau la lettre puis
la rangea dans sa poche, tout en songeant qu’il lui répondrait lorsqu’il
regagnerait son dortoir.
* * * * *
Le
reste de la journée passa calmement, Harry restant avec Sirius, Remus et Peter
(au plus grand déplaisir de Harry) dans un coin de la Salle Commune de
Gryffondor. Peter, visiblement lassé que les cartes lui explosent toujours à la
figure, s’était finalement calé dans un canapé et s’était plongé dans un vieux
grimoire, alors que les trois autres enchaînaient partie sur partie de bataille
explosive.
«-
Tu as une chance folle, Harry… ! s’exaspéra Sirius après que, pour la
cinquième partie consécutive, les cartes lui aient explosé à la figure.
- Jusque là, il y avait que James pour trouver
le moyen d’y échapper… ! Chaque fois ça tombe sur Sirius, ou moi… !
renchérit Remus, les sourcils légèrement brûlés par une précédente explosion.
- Comme l’a dit Sirius, c’est qu’une question
de chance… ! répliqua Harry. Et… !’
Il s’interrompit lorsque la porte de
la Salle Commune s’ouvrit, pour laisser place à James qui s’avança vers eux,
une fois qu’il les eu repérés, l’air de bonne humeur.
«-
Hé, les gars… ! Vous faites une partie de bataille explosive sans
moi ? protesta-t-il, prenant un air faussement fâché.
- Tu as dit que tu voulais être seul !
rétorqua Sirius, jouant le jeu. Alors, on a suivi ta volonté à la
lettre… !
- Mais si tu veux, joins-toi à nous… ! proposa Remus en
s’écartant. On allait refaire une autre partie… ! »
James
sourit et se joignit au groupe avec enthousiasme.
«-
Mais fait gaffe, James… ! l’avertit Sirius. Tu vas avoir un sacré
adversaire en la personne de Harry… ! précisa-t-il, amusé.
- A ce point… ?
- Ben, si tu regardes bien, tu verras que c’est
le seul à ne pas avoir fait les frais des explosions… ! commenta Remus.
- Ah ben j’vais finir par me sentir
menacé… ! répliqua James en riant. Non seulement, il se défend plutôt bien
au Pendu, il joue super bien au Quidditch et il rivaliserait avec moi pour la Bataille
explosive… ? Et bien, je sens que, décidément, on va bien s’entendre toi
et moi, Harry… !
lança-t-il, gaiement. Bon, on se la fait cette partie ou on attend le déluge… ?
conclut-il.
- Ben, si tu distribuais les cartes, on
pourrai jouer… ! » rétorqua Sirius, moqueur, en désignant le tas de
cartes qu’il venait de
pousser, mine de rien, devant son ami.
* * * * *
L’heure
du dîner arriva rapidement et la table de Gryffondor, impatiente, était pour
beaucoup dans le bruyant tumulte qui animait la salle. Le repas sembla
s’éterniser, surtout aux yeux de l’équipe de la maison gagnante… Finalement, au
grand soulagement de tous, Dumbledore se leva et, aussitôt, le silence se fit
dans la Grande Salle.
« Contrairement
à ce que nous avions coutume de faire, et ce, en raison de circonstances
exceptionnelles totalement indépendantes de notre volonté, nous n’avons pu, hier, réaliser la remise de la
Coupe de Quidditch pour le tournoi inter-maisons de cette année… ! Mais
cet écart au règlement va être rectifié dès maintenant… ! commença
Dumbledore. Mais, avant tout, je tiendrai à féliciter tout particulièrement
votre nouveau condisciple qui, lors du match, a fait preuve d’un courage, d’un sang-froid et de
réflexes sans pareil, pour avoir non seulement attrapé le Vif d’or, ce qui, dans les conditions dans
lesquelles ils jouaient ne manque pas de mérite, mais surtout pour avoir sauvé
la vie à un de ses coéquipiers dans la foulée… ! »
Il
y eut aussitôt un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations, aux table de Gryffondor, Serdaigle et
Poufsouffle, mais aussi parmi les professeurs (sauf, quelques rares
exceptions…), tandis que Harry, mêlé aux autres Gryffondor, avait piqué du nez
pour cacher sa gêne. Dumbledore, amusé, eut bien du mal à ramener le silence.
« Mais
le petit… hum… “spectacle” qui vous a été offert durant ce match qui restera
probablement gravé dans les annales de Poudlard, n’aurait pas été ce qu’il
était sans la… “participation” quelque peu forcée, du Capitaine de l’équipe de
Gryffondor qui a joué, comme à son habitude, un grand rôle dans le score plutôt
élevé de son équipe… ! »
Le
reste de ses paroles fut étouffé par les cris enthousiastes des élèves
(toujours les mêmes). Et cette fois, ce fut au tout de James de paraître gêné.
Il fallut attendre cinq bonnes minutes avant qu’un calme relatif ne reviennent
dans la Grande Salle.
« Et
tous deux ayant pu se
joindre à nous, nous allons
enfin pouvoir procéder à la remise de la Coupe du Tournoi de Quidditch de cette
année… ! poursuivit Dumbledore. Donc, c’est sans surprise pour vous que je
demanderai aux membres de l’équipe de Gryffondor de s’approcher de la table des
professeurs… ! J’ai nommé François Dubois, Elvire Bell, Sirius Black,
Franck Londubat, Ludovic Verpey, Harry Calaway et James Potter pour la
prestation qu’ils nous ont offert hier et pour avoir instauré un nouveau record
en gagnant le match sur le score de deux cent quatre-vingt à trente… en un peu
plus d’une heure… ! Mais aussi à Anthony Deparse qui, grâce à ses très bonnes
prestations lors des deux précédents matchs, mérite aussi sa part de
victoire… ! »
Les
cris plus que ravis des Gryffondor gagnèrent, cette fois encore, en intensité,
alors qu’ils acclamaient plus que bruyamment leurs joueurs qui, ayant quittés
leur place respective, s’avançaient, affichant tous de grands sourires vers la
table professorale, où le professeur McGonagall était tout aussi enthousiaste
que ses élèves alors que, en compagnie du directeur, elle quitta sa place pour
accueillir les huit élèves. Le silence retomba soudainement lorsque Rusard
apporta le trophée au vieil homme qui le tendit à James, en tant que Capitaine
de l’équipe.
«-
Non… ! Ce n’est pas à moi de la prendre en premier… ! rétorqua-t-il.
C’est surtout à notre nouveau coéquipier et ami… !
- Eh, James… ! protesta Harry. C’est à toi de
l’avoir en premier, vu que tu es le Capitaine… !
- Eh, c’est pas le moment de se disputer pour
ça… ! rétorqua Sirius, d’un ton badin. De toute façon, tout le monde
l’aura… ! »
Sur
ces “sages” paroles, James reçu, des mains du directeur, la Coupe qui
récompensait la maison gagnante pour le Tournoi. Les acclamations et les
applaudissements atteignirent alors leur apogée, alors que les Gryffondor,
debout, hurlaient à s’en casser la voix, certains étant même montés sur les
tables, tandis que les Serdaigle et les Poufsouffle se joignait à l’euphorie de
la maison gagnante.
«-
QUI SONT LES PLUS FORTS ? hurla soudain Sirius, lorsqu’il eut la Coupe en
main.
- LES GRYFFONDOR… ! répondirent en
chœur, tout aussi fort, les élèves de ladite maison, alors que, devant
l’étonnement de Harry, James lui glissait rapidement un “T’inquiète pas… !
Sirius fait ça à chaque fois qu’on gagne la coupe… !” à l’oreille.
- ET QUI SONT LES PLUS NULLARDS ? continua
Sirius, poussant l’audace jusqu’au bout.
- Black, taisez-vous… ! » intima
froidement Krayak, devinant sans problème la réponse qui aurait du suivre… !
Sirius
se contenta de hausser les épaules et, sans se départir de sa bonne humeur, se
lança dans une contemplation assidue de la Coupe. Une fois que chacun eut
prononcé un petit discours, (y compris McGonagall), les joueurs purent regagner
leur table, exhibant fièrement la Coupe qui irait rejoindre les autres
trophées.
«-
Et une autre coupe à l’actif de Gryffondor… ! commenta Mondingus, avec
entrain.
- Ce qui signifie une autre fête pour arroser
ce nouveau triomphe… ! » observa Sirius, avec enthousiasme.
* * * * *
Deux semaines s’étaient écoulées et, avec l’arrivée des examens de
fin d’année, l’atmosphère n’avait pas été très longtemps à la fête et s’était
même terriblement tendue parmi les élèves de Gryffondor… Tension qui n’était
dûe qu’aux Préfets de leur maison… En effet, avec l’approche des examens, Lily
était devenue d’autant
plus irritable que les Maraudeurs (surtout, bien sûr, James et Sirius), dans un
royal “je m’en foutisme”, semblaient s’être donnés le mot pour mettre le plus
de désordre dans toute l’école… Avec l’arrivée des beaux jours estivaux, leur
humeur les rendait encore plus enclins à faire des blagues qu’à réviser pour les examens…
Car, comme l’avait dit Sirius “Cette année, on n’a pas de gros examen à
passer donc, autant en profiter !” Et Harry ne pouvait s’empêcher de
penser à quel point la similitude entre les Maraudeurs et les jumeaux Weasley
était frappante.
Un
soir où Remus avait réussi à contenir ses camarades dans la Salle Commune et à
les forcer à ouvrir leurs livres, le sujet avait rapidement dévié…
«
Au fait, Harry, qu’est-ce que tu fais pour les vacances ? » demanda
Sirius, levant le nez du parchemin sur lequel il s’amusait à griffonner des
dessins totalement absurdes.
Un
instant de silence suivit cette question… Harry réalisa que, effectivement, il
n’avait aucune idée de ce qu’il ferait durant les vacances, bien qu’il pensait
que Dumbledore le laisserait au château…
«-
Ouais, tu rentres chez
toi pour l’été ? demanda
Peter.
- Non… ! répliqua, un peu froidement,
Harry. En fait, je resterai à Poudlard… ! »
Tous
le fixèrent avec étonnement.
«-
Tu comptes vraiment rester à Poudlard pendant ces vacances… ? s’étonna
James.
- J’ai pas d’autre choix, étant donné que dans les circonstances actuelles, je ne peux pas retourner chez
moi, pour l’instant… !
- Hum… ! N’empêche… ! Passer deux jours
à Poudlard c’est beaucoup trop pour moi, déjà, alors devoir y passer toute son
année, non stop, même en période de vacances d’été… ! C’est
l’horreur… ! ajouta-t-il en grimaçant.
- Mais j’ai pas trop le choix… ! soupira
Harry.
- Ben, pourquoi tu passerai pas les vacances
chez nous… ! suggéra, au bout d’un moment de silence, James. Je veux dire
chez Sirius, Remus et moi, vu que Peter part en Autriche pour les
vacances… !
- Ah ouais, ça serait super… ! approuva
Sirius. Ca serait, en plus, une occasion de plus se voir pendant l’été… !
Et ça permettra d’éloigner notre nouvel ami de l’école… ! En plus, c’est
une chose que d’être ici en période scolaire, mais ça doit être carrément
assommant de devoir rester, seul, au château… ! Encore plus soporifique
que le cours de Binns… ! ajouta-t-il, faisant grimacer de façon éloquente
les quatre autres.
- Mais, je ne sais pas si… ! hésita
Harry.
- J’enverrai un hibou à ma mère dès ce soir,
et je suis sûr qu’elle n’y verra aucune objection… ! le coupa James. Et
j’pense pas que Dumbledore y voit un quelconque inconvénient… !
- Moi non plus… ! acquiesça Sirius. Et
puis, ça serait une bonne excuse pour s’inviter un peu plus les uns les
autres… ! Allez, Harry, ça serait marrant… !
- Euh…, c’est que… !
- Allez Harry… ! Et puis, si tu veux
pas, on te kidnappera… ! » rétorqua Sirius, coupant cours aux
hésitations de leur camarade, avec un grand sérieux.
Harry
le fixa d’un air étrange, semblant le jauger du regard, puis eut un léger rire.
«-
Le pire c’est que tu serais bien capable de le faire… ! observa Harry,
avant de reprendre un air soucieux. Mais, je ne sais pas… ! Vous avez
sûrement des trucs à faire pendant les vacances et…, j’veux pas gêner… !
- Oh, allez, Harry ! On te dit que ça
dérangera pas… ! certifia James. Chez moi, c’est pas la place qui
manque… !
- Pour te faire une idée, il aurait assez de
place pour loger chez lui la totalité des élèves de Gryffondor…, et même les
profs… ! commenta Sirius, d’un ton badin. Et, en ce qui me concerne, on a,
dans une moindre mesure, assez de place pour t’héberger… !
- Pareil pour moi… ! » renchérit
Remus.
Harry
les soupçonna d’avoir déjà préparé leur coup… Mais il hésitait…, du fait qu’il
ne voulait pas gêner…, bien qu’il mourrait d’envie d’accepter, afin d’en
connaître un peu plus sur eux et surtout, d’en savoir un peu plus sur sa
famille… ! C’était une occasion unique… ! Et puis, c’est vrai que
passer deux mois tout seul dans le château n’avait rien de bien enthousiasmant.
«-
Mais vous êtes sûrs que… ?
- Mais oui, Harry… ! On te le proposerai
pas, sinon… ! » rétorqua Remus.
L’adolescent
observa, tour à tour, les trois Maraudeurs, hésitant encore.
«-
D’accord ! accepta-t-il finalement avec un léger sourire.
- Super… ! s’enthousiasma James, en lui
adressant un sourire des plus sincères. Je sens qu’on va bien s’amuser pendant
les vacances… !
- Ouais… ! Mais, pour l’instant, on n’y
est pas et on a encore des révisions à faire pour les examens… !
- Alors, là, Remus, tu as vraiment le don de casser
l’ambiance… ! grogna Sirius, avant de lui envoyer une tape (amicale ?) derrière la tête. J’te
jure… ! En tout cas, on… !
- Oh, furie en vue… ! souffla soudain
Peter qui avait levé les yeux de son livre. Demoiselle de glace à cinq
heures… !
- Les tiennes ou les nôtres ? demanda
Sirius qui se trouvait en face de lui.
- Les tiennes… ! répondit Remus qui,
assis à côté de Peter, avait, lui aussi, vu venir le “danger”.
- On parie qu’on va encore avoir droit au sermon habituel ?
lança James, en levant les yeux au ciel.
- Ca n’en fait aucun doute… ! grommela Sirius. Avis à la
population… ! La tornade “Evans” est imminente, se situant à cinq heures
de nos côtes… ! Nous vous conseillons donc la plus grande prudence et… !
ajouta-t-il, parodiant un présentateur de la météo, ce qui lui valut un regard
interloqué des quatre autres. Ben quoi, vous avez jamais regardé d’émissions
moldues… ?
- Si, mais j’ignorai que tu t’intéressais à la météo… ! observa Remus.
Je croyais que ton… registre culturel en la matière se limitait aux talk-show
débiles, aux dessins animés et aux téléfilms à une noise… !
- N’empêche, Sirius, je continue à penser que
tu devrais arrêter de regarder les émissions Moldues… ! Ca ne te réussit vraiment pas… ! commenta
James, souriant cependant. Surtout que… !
- Et toi, ça ne te ferai pas de mal… !
Ca ne pourrait que te
donner un peu plus le sens des responsabilités… ! »
Le
sourire des Maraudeurs disparu aussitôt à ces quelques mots, prononcés d’une
voix plus que glaciale. Ils avaient complètement oublié la “tornade” de Sirius…
« Qu’est-ce
que tu veux, Evans ? » demanda, calmement James, se retournant vers
elle, appuyant négligemment son coude sur le dossier de sa chaise, un sourire
narquois aux lèvres.
Lily
lui adressa un regard plus que condescendant, puis observa les livres posés sur
la table.
«-
Oh, je vois que vous savez, tout de même, ce qu’est un livre… ! C’est un
beau progrès ! ironisa-t-elle.
- Et toi, je vois que tu n’es pas plongée
dans tes chers bouquins… ! rétorqua, froidement James, alors que les autre
Maraudeurs observaient la scène en silence et que Harry, après un regard aux
deux Préfets, préférait se plonger dans la lecture de son livre de
Métamorphose.
- Contrairement à vous, je connais déjà tous
mes cours… par cœur… ! Parce que, au moins, je n’ai pas commencée à
réviser deux jours avant la première épreuve… ! cingla Lily, visiblement
de très mauvaise humeur.
- Ouais, on sait… ! répliqua James. Et
c’est d’ailleurs pour ça que tu es aussi asociale… ! Et que tu te crois
obligée de te défouler sur les autres pour compenser… !
- Et tu sais ce qu’elle te dit
l’asociale… ? Ce ne
sont pas vos blagues qui vous donneront un métier plus tard… !
- Si on ouvre un Magasin de Farces et
Attrapes, si ! intervint Sirius. Et… !
- La ferme, Black… ! J’t’ai rien
demandé… ! le coupa Lily, à la surprise des garçons. Et, Potter, tu
découvriras que l’argent
n’est pas tout dans la vie, et que tu ne pourras pas toujours compter sur la
fortune de tes parents… !
Faudra bien que tu vives
par toi-même, non ? Et, autant que je sache, joueur de Quidditch
professionnel n’est pas un métier durable… !
- Casse-toi, Evans… ! » riposta James, l’air de très
mauvaise humeur.
Harry,
exaspéré par ces querelles stupides, claqua son livre et rassembla ses
affaires, quittant la Salle Commune sans un mot… laissant les deux Préfets se
chamailler allègrement.
* * * * *
Le
stade de Quidditch, désert à cette heure, était on ne peux plus calme et
représentait un endroit parfait pour réfléchir… ! Harry, installé dans les
gradins de Gryffondor, soupira et déposa le livre à côté de lui, trop préoccupé
pour réviser.
Il
s’était douté que les débuts du couple qu’avait formé ses parents n’avaient pas
du être de tout repos, rien qu’à voir le temps qu’il avait fallu à Ron et
Hermione pour s’avouer leur flamme mutuelle… Mais, à ce point, ça en devenait
presque exaspérant ou, plutôt, désespérant et grotesque… Et ça lui faisait mal
de les voir se disputer de cette façon pour des simples broutilles… Mais il ne
devait pas intervenir… ! Il était content de les voir, tous ensemble,
insouciants et plein de vie…, mais, d’un autre côté… il regrettait SON
Poudlard… ! Il avait quitté ses problèmes de son époque, pour faire face à
d’autres problèmes…, tout aussi graves et probablement liés… ! D’abord, il
y avait le conflit incessant qui s’était instauré entre ceux qui étaient sensés
devenir ses parents…, mais, surtout, il y avait le fait que, visiblement,
quelqu’un, ou plutôt Voldemort, en voulait à James… ! Harry savait très
bien que ce qui s’était passé lors du match était lié au “flash” qu’il avait eu
un peu avant la tentative que quelqu’un avait faite pour supprimer le Capitaine
de l’équipe… ! (surtout que l’examen du balai n’avait, bien sûr, rien donné) Et
puis, il y avait le fait qu’il avait de plus en plus de mal à se contenir face
au rat… Combien de fois n’avait-il pas espéré pouvoir tout avouer… ? Des
dizaines, des centaines de fois, peut-être… ! Et ça le torturait d’autant plus qu’il savait qu’il ne pouvait
rien dire, alors que ce sale traître semblait tellement bien s’entendre avec
les trois autres… ! Et, en plus de tout cela, Ron, Hermione et les autres
de son époque lui manquaient… ! Et cela, bien plus qu’il se l’était
imaginé jusque là… !
Il
soupira à nouveau, songeant que ce n’était pas le moment d’être nostalgique, de
sorte qu’il s’efforça à
se replonger dans, cette fois, son livre d’Enchantement, essayant de comprendre quelque chose au sort
de “Déplace-tout”, un sort qui permettait de tout déplacer, animé comme
inanimé, à son grès. Comme pour le sortilège d’attraction, en quatrième année,
il semblait faire un blocage sur ce sort…
« Ca
va ? »
Il
sursauta violemment et releva les yeux de son livre, revenant à la réalité,
pour apercevoir Lily qui se tenait à quelque pas de lui, un léger sourire aux
lèvres. Harry ne put s’empêcher de songer à quel point le contraste était
frappant entre l’attitude qu’elle avait face à James et celle qu’elle avait
face à lui…!
«- Excuse-moi, je ne voulais pas te
faire peur… ! commenta-t-elle. Ca te dérange si je reste un moment… ?
- Euh, non ! » répondit
l’adolescent en haussant les épaules, se doutant que, de toute façon, elle ne
serait pas partie.
Elle
sourit et s’assit à côté de lui.
«-
Je me doutais que je te trouverai par là… ! observa-t-elle, au bout d’un
moment.
- C’est pas bien dur… ! concéda Harry.
Mais j’ai l’impression que ce n’est pas un endroit où on doit te voir très
souvent… !
- En effet… ! Je préfère de beaucoup la
Bibliothèque… ! Et puis, comme je te l’ai déjà dit, je ne suis pas trop
intéressée par le Quidditch… !
- Hum… ! D’ailleurs, en parlant de la
Bibliothèque, j’ai “l’Histoire de Poudlard” à te rendre… ! se rappela
soudain Harry, avant de sortir ledit livre de son sac.
- Oh, et bien je n’y pensais même
plus… ! avoua Lily, en prenant le grimoire. Alors, tu l’as lu… ?
- Un peu… ! » répondit l’adolescent.
Elle
sourit à nouveau et le silence s’instaura entre eux.
«-
Alors, qu’est-ce que tu
révisais avant que j’intervienne, tout à l’heure… ? demanda-t-elle
finalement, en désignant le livre qui se trouvait sur les genoux de Harry.
- Enchantements… ! J’ai beau faire, je cale toujours sur le
sortilège de “Déplace-tout”… ! J’ai eu ce même problème il y deux ans, avec le sortilège
d’Attraction… !
- Hum… ! Si tu veux, je peux t’aider… ! » proposa
Lily.
Harry
leva les yeux vers elle, rencontrant le regard émeraude et presque rassurant de
la jeune fille. Il sentit son estomac se nouer, comme à chaque fois qu’il la
fixait dans les yeux, sûrement dû au fait que c’était au sacrifice de sa mère
qu’il devait la vie…
«-
Merci pour ta proposition mais je devrais m’en tirer moi-même… !
répondit-il, légèrement gêné.
- Tu en es sûr… ? Tu n’as pas l’air convaincu toi-même, par
ce que tu dis… ! répliqua-t-elle, en souriant. Parce que ça ne me dérange
pas du tout… ! Et ça me ferai réviser, par la même occasion… ! »
Harry
hésita, ne sachant pas trop ce qu’il convenait de répondre... ! D’un côté,
accepter la proposition de la jeune fille et, de l’autre, refuser et être
vraiment dans la bouse de dragon jusqu’au cou… !
«
D’accord… ! » accepta-t-il, finalement.
* * * * *
La
fête de fin d’année battait son plein et l’ambiance était à la bonne humeur
dans la Grande Salle. Après l’annonce de leurs résultats aux examens, le matin
même, les élèves attendaient avec impatience le résultat de la Coupe des quatre
Maisons, même si le vainqueur était déjà connu de tous…, rien que par les
décorations rouge et or qui ornaient la vaste pièce. Harry, qui avait été,
comme par hasard, interrogé sur le sortilège de “Déplace-tout”, était plutôt
satisfait de son résultat qui lui avait valu un quinze sur vingt, si bien qu’il
avait plus que remercié Lily pour son aide… ! Et, pour la première fois de
sa vie, il avait la moyenne en Potions… : dix et demi sur vingt… ! Il
avait de quoi être content…, d’autant plus qu’il allait passer ses vacances
avec les Maraudeurs (excepté Peter, fort heureusement)… En effet, deux jours
après la discussion qu’ils avaient eu à ce sujet, James avait reçu une lettre
de sa mère qui avait accepté, sans problème, de prendre Harry durant une partie
des vacances…, tout comme vinrent confirmer les parents respectifs de Remus et
Sirius… De sorte qu’il avait été prévu que Harry passerait les trois premières
semaines chez Remus (sûrement, par rapport à la pleine lune qui avait eu lieu
deux jours auparavant) puis chez Sirius pour les trois suivantes et enfin chez
James pour finir… ! Et bien sûr, tous trois avaient prévus de s’inviter
les uns les autres… !
«-
En plus, Sirius a un terrain de Quidditch à deux minutes de chez lui… !
lança gaiement James, durant le dessert.
- C’est vrai ? s’étonna Harry.
- Pour sûr… ! certifia Sirius, en se
reprenant une troisième part de tarte aux fraises. Je ne compte plus le nombre
de fois où j’y suis allé, avec James… ! Et… ! »
Il
s’interrompit quand Dumbledore se leva, instaurant ainsi le silence.
« Une
nouvelle année s’achève donc aujourd’hui… ! lança-t-il. Si bien que, comme
tous les ans, nous allons procéder à l’annonce des résultats de la
traditionnelle Coupe des quatre Maisons… ! En quatrième position :
Poufsouffle, avec deux cent dix points…, troisième : Serdaigle, avec deux
cent quatre-vingt-dix points…, deuxième, avec trois cents quatre-vingt
points : Serpentard et premier, avec quatre cent cinq points :
Gryffondor… ! Et ce, pour la cinquième année consécutive… ! »
Des
cris de joie s’élevèrent à la table de ladite maison, mais aussi de celles de
Poufsouffle et Serdaigle, dont les élèves semblaient soulagés que les Serpentard perdent la Coupe
une fois de plus…
Chapitre
précédent Chapitre suivant
Aller au Chapitre : 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09,
10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,